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Studio & petit appartement

Sécher son linge en appartement : étendoir ou machine

8 min de lecture Testé en vrai
Studio & petit appartement — Sécher son linge en appartement : étendoir ou machine

« Studio de 21 m², pas de balcon, pas de cave, une VMC dans la salle d’eau et c’est tout. Je n’ai la place ni pour un sèche-linge ni pour un étendoir déployé au milieu de la pièce à vivre. Vous faites comment, vous ? » La question revient presque mot pour mot sur les forums d’aménagement, et les réponses partent aussitôt sur le modèle d’étendoir à acheter. Le problème est ailleurs.

Il tient dans deux chiffres qui décident à votre place : les litres d’eau qu’une lessive relâche dans la pièce, et les centimètres disponibles à l’emplacement de la machine. Dans un logement d’une pièce, l’étendoir reste presque toujours la meilleure réponse, à condition qu’il vive dans la salle d’eau et pas dans le séjour. À la fin de cette page, vous saurez ce qu’il coûte en humidité, ce qu’un second appareil réclame en hauteur et en dégagement, et pourquoi la machine qui lave et sèche ne sèche jamais autant qu’elle lave.

2,5 Ll'eau qu'une lessive de 5 kg de coton rend à l'air de la pièce

60 %le taux d'humidité au-delà duquel moisissures et acariens s'installent

170 cmla hauteur d'une colonne lave-linge plus sèche-linge, platine comprise

Deux litres d’eau sortent du tambour à chaque lessive

Un étendoir ne fait pas disparaître l’eau. Il la déplace, du tambour vers l’air que vous respirez.

L’étiquette énergie européenne note l’essorage sur ce qui reste d’eau dans le linge en fin de cycle, exprimé en part du poids sec : sous 45 % pour la classe A, sous 54 % pour la classe B. Cinq kilos de coton quittent donc le tambour avec deux litres et demi d’eau accrochés aux fibres. Cette eau finit dans la pièce où sèche le linge, il n’existe pas d’autre sortie.

L’ADEME situe entre 40 et 60 % d’humidité relative la fourchette d’une ambiance saine. Au-dessus, les moisissures et les acariens trouvent ce qu’il leur faut. Dans une pièce unique fermée pour la nuit, deux litres suffisent à franchir la barre.

Le programme de recherche Q-WASH, conduit pour l’ADEME par IMT Nord Europe et le CSTB, le formule sans détour : le séchage du linge à l’air libre est l’activité la plus émissive d’humidité en air intérieur. Il recommande d’étendre dans une pièce de grand volume bien aérée, ou dans une pièce munie d’une bouche d’extraction de VMC, de préférence hygroréglable.

Dans un studio, le linge sèche donc au-dessus de la douche ou de la baignoire, porte fermée et ventilation en marche. Pas dans le coin nuit, pas contre le radiateur du séjour.

Attention

Poser l'étendoir contre le radiateur sèche plus vite et fait monter l'humidité aussi vite : la même eau part dans l'air, en moins d'heures. Sans fenêtre ouverte ni ventilation, le gain se paie en buée sur les vitres et en taches noires dans les angles froids.

Où un étendoir tient sans couper la pièce en deux

Trois emplacements survivent quand la surface au sol est comptée.

Le mural rabattable se visse au-dessus d’une baignoire ou d’un bac de douche et se replie sur quelques centimètres d’épaisseur. C’est lui qui rend le plus de mètres linéaires par centimètre occupé, à condition d’avoir un mur porteur ou des chevilles adaptées au placo. Il s’entend bien avec une salle d’eau ouverte sur la chambre.

Le séchoir de plafond, monté sur poulies, descend pour l’étendage puis remonte sous le plafond : fixation dans la dalle obligatoire, mais au-dessus d’une baignoire il ne gêne personne. L’étendoir tour, lui, empile ses barres à la verticale sur une empreinte au sol proche de celle d’une chaise, et se range derrière une porte.

Regardez le dégagement qu’il réclame une fois chargé, plutôt que les mètres linéaires annoncés sur l’emballage. Du linge tassé contre un mur ne sèche pas, il moisit.

Ce que le bail dit de l’étendage à la fenêtre

Étendre à la fenêtre, sur le garde-corps ou au balcon relève de l’aspect extérieur de l’immeuble. Beaucoup de règlements de copropriété interdisent le linge visible depuis la voie publique, et c’est le genre de clause qu’on découvre par une lettre du syndic.

Le locataire n’est pas censé le deviner. La loi sur les rapports locatifs impose au bailleur d’annexer au contrat les extraits du règlement portant sur l’usage des parties privatives et communes : ces pages dorment dans le dossier signé à l’entrée dans les lieux, et c’est là qu’on regarde avant de percer un support de balcon.

Restent quatre façons de sécher, et chacune se paie dans une monnaie différente : de la place, de l’humidité ou du temps.

Place occupéeÀ vérifier avantSa limite
Étendoir mural rabattablequelques centimètres repliétenue du mur, dégagementl’eau part dans la pièce
Séchoir de plafondrien au solfixation dans la dalleune manœuvre par lessive
Sèche-linge séparé60 cm de largeconduit, hauteur sous plafondrarement plaçable
Machine qui lave et sèchela place du lave-lingecapacité de séchage, duréesèche la moitié de ce qu’elle lave

Le sèche-linge à évacuation demande un conduit que vous n’avez pas

Le sèche-linge à évacuation rejette l’air chaud et humide par une gaine souple, vers une grille murale ou une fenêtre entrouverte. Dans un logement en double vitrage dont la façade ne vous appartient pas, il est hors jeu avant même la question de la place. Le guide d’achat de l’UFC-Que Choisir ne lui donne plus que 3 % du parc vendu.

Deux familles vivent en pièce fermée. Le modèle à condensation récupère l’humidité dans un bac ou la renvoie au tout-à-l’égout, en réchauffant la pièce au passage. Celui à pompe à chaleur recycle sa propre chaleur au lieu de la produire à la résistance : il consomme nettement moins, sèche plus lentement, coûte plus cher.

Reste l’emprise au sol, et elle ne pardonne pas. Un sèche-linge occupe la même surface qu’un lave-linge : personne ne trouve deux fois 60 cm de large dans une pièce unique sans sacrifier un meuble.

Superposer lave-linge et sèche-linge : 170 cm et un kit

D’où la colonne. Le sèche-linge monte sur le lave-linge, solidarisé par un kit de superposition : une platine intercalée entre les deux appareils, souvent doublée d’une sangle, parce qu’un appareil simplement posé sur un autre marche au premier essorage.

Un lave-linge hublot de format courant mesure 60 cm de large, 85 cm de haut et de 55 à 65 cm de profondeur, cotes que reprend le guide d’achat de l’UFC-Que Choisir. Deux appareils superposés montent donc autour de 170 cm, platine comprise, et il faut encore de quoi ouvrir le hublot du haut.

Le lave-linge va en bas, toujours : c’est le plus lourd et le plus vibrant des deux. Et la niche se prévoit avec un jeu de part et d’autre, sans quoi les vibrations tapent contre le meuble.

Sous un plan de travail, la colonne ne passe pas, un appareil seul oui : les notices des fabricants indiquent que le dessus se retire sur beaucoup de modèles, ce qui ramène la hauteur à 82 cm. Un placard oublié ou le renfoncement d’une kitchenette vaut mieux qu’un angle de pièce à vivre, et ça se décide au moment de définir les zones du logement.

La machine qui lave et sèche, et ce qu’elle sèche vraiment

Quand la colonne n’a nulle part où se mettre, il reste un seul appareil à l’emplacement actuel du lave-linge. Ce que cherche alors un locataire de studio, c’est un lave-linge séchant qui tienne dans la niche existante, et les relevés déjà faits de ce format évitent d’éplucher les fiches techniques une par une.

La limite se lit dans le tambour. L’UFC-Que Choisir relève des capacités de lavage de 5 à 12 kg pour des capacités de séchage de 2,5 à 8 kg : une machine qui lave neuf kilos n’en sèche souvent que six. La raison est physique. Pour évaporer l’eau, l’air chaud doit circuler entre les textiles, donc le tambour reste à moitié vide pendant la phase de séchage.

Concrètement, une grosse lessive se sort du tambour en fin de lavage, se sépare en deux, et sèche en deux fois. Ajoutez la durée : certains modèles dépassent six heures de séchage, ce qui porte le cycle coton complet au-delà de dix heures sur les relevés de l’association.

Un point que les fiches produit taisent, et il compte quand l’eau est au compteur individuel : un lavant-séchant condense l’humidité avec de l’eau froide, pas avec l’air ambiant. L’UFC-Que Choisir chiffre environ six litres par kilo de coton séché.

À retenir

Une machine vendue pour 9 kg en sèche six. Le chiffre à regarder est toujours le second : c'est lui qui dit ce qui ressortira sec en un cycle.

L’étiquette énergie d’un lavant-séchant se lit sur deux échelles

Une même machine affiche deux classes énergétiques, et c’est réglementaire. Le règlement européen sur l’étiquetage énergétique impose aux lavants-séchants une double entrée : à gauche le cycle complet lavage puis séchage, à droite le cycle de lavage seul.

Cette particularité explique les consommations incohérentes qu’on croise d’un revendeur à l’autre sur un même modèle : l’un recopie la valeur du lavage, l’autre celle du cycle complet. Si vous achetez la machine pour sécher, seule l’échelle de gauche vous concerne, et la classe affichée en gros caractères sur une fiche produit est presque toujours l’autre.

Mesurer la niche, puis surveiller l’hygromètre

Deux vérifications disent si le choix tient, et aucune ne demande l’avis de quelqu’un.

Avant l’achat, le mètre ruban : la largeur disponible, la profondeur tuyaux compris, la hauteur sous le plan de travail ou l’étagère, et le recul pour ouvrir le hublot en grand, une cinquantaine de centimètres. Une cote manquante sur les quatre suffit à faire repartir la machine.

Après l’installation, un hygromètre posé dans la pièce. Lancez une lessive, séchez comme vous comptez le faire d’habitude, regardez le lendemain matin. Sous 60 %, l’arbitrage est bon. Au-dessus, la ventilation ne suit pas, et c’est elle qu’il faut reprendre avant d’acheter autre chose.